
Les Rois Mages : noms, histoire et cadeaux | Guide
Chaque début janvier, la même question revient : qui étaient ces mystérieux visiteurs venus d’Orient ? Des récits bibliques aux traditions populaires en passant par une comédie française de 2001, les Rois mages fascinent toujours, et ce guide démêle le vrai du légendaire.
Nombre traditionnel de Rois mages : 3 · Noms traditionnels : Melchior, Gaspard, Balthazar · Cadeaux offerts : Or, encens, myrrhe · Fête associée : Épiphanie (6 janvier)
Aperçu rapide
- Ils sont mentionnés dans l’Évangile selon Matthieu, chapitre 2 (Le Jour du Seigneur (portail catholique))
- Ils offrent de l’or, de l’encens et de la myrrhe (Église catholique de Genève (institution religieuse))
- Les noms Melchior, Gaspard, Balthazar sont attestés depuis le VIIIe siècle (Le Jour du Seigneur)
- Le nombre exact de mages (la Bible ne le précise pas) (Le Jour du Seigneur)
- Leur origine géographique précise (simple « Orient ») (Le Jour du Seigneur)
- L’historicité du quatrième mage Artaban (légende) (Wikipédia (encyclopédie collaborative))
- Ier siècle : récit de Matthieu (Le Jour du Seigneur)
- VIIIe siècle : première mention écrite des noms (Le Jour du Seigneur)
- 2001 : sortie du film Les Rois mages (Wikipédia)
- L’Épiphanie 2025 sera célébrée le 6 janvier (Église catholique de Genève)
- Le débat sur une possible historicité des mages reste ouvert (National Geographic (magazine grand public))
Six faits clés résument ce que l’on sait et ce que la tradition a retenu des Rois mages.
| Mention biblique | Évangile selon Matthieu 2:1-12 (Le Jour du Seigneur) |
| Nombre traditionnel | 3 |
| Noms traditionnels | Melchior, Gaspard, Balthazar |
| Cadeaux | Or, encens, myrrhe |
| Fête | Épiphanie (6 janvier) |
| Reliques | Conservées à la cathédrale de Cologne (Allemagne) (Wikipédia) |
Qui étaient les rois mages ?
Derrière les crèches et les chants de Noël se cache une source unique : l’Évangile selon Matthieu. Au chapitre 2, versets 1 à 12, Matthieu raconte l’arrivée de « mages venus d’Orient » à Jérusalem. Pas de noms, pas de nombre, pas de titre royal. Pourtant, la tradition en a fait des rois, et ce glissement mérite d’être compris.
Que dit l’Évangile selon Matthieu ?
Le texte est court : des mages arrivent, demandent « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? », suivent une étoile jusqu’à Bethléem, se prosternent devant l’enfant et offrent trois présents. Puis, avertis en songe, ils repartent par un autre chemin sans revoir Hérode (Le Jour du Seigneur (portail catholique)).
Pourquoi les appelle-t-on « mages » ?
Le terme grec magoi désigne des prêtres ou astrologues perses. Dans l’Antiquité, ils étaient réputés pour leur connaissance des astres. Matthieu ne leur donne aucun titre royal ; c’est la tradition chrétienne ultérieure qui les a élevés au rang de rois, en interprétant les prophéties de l’Ancien Testament (Église catholique de Genève (institution religieuse)).
Le récit biblique est minimaliste – pas de noms, pas de nombre – mais la tradition a construit un univers symbolique d’une richesse exceptionnelle autour de ces trois visiteurs.
D’où venaient-ils ?
« De l’Orient » indique Matthieu, sans plus de précision. Les exégètes situent leur provenance probable en Perse (actuel Iran) ou en Arabie. Certaines traditions médiévales les ont même fait venir de régions différentes pour symboliser les trois continents connus (Le Jour du Seigneur).
En résumé : Matthieu ne livre que l’essentiel. La tradition, elle, a enrichi l’histoire de détails symboliques qui se sont imposés dans l’imaginaire occidental.
Quels sont les trois noms des Rois Mages ?
Melchior, Gaspard, Balthazar : ces trois noms résonnent dans toutes les crèches. Pourtant, ils n’apparaissent dans aucun texte biblique. Leur origine est plus tardive.
D’où viennent les noms Melchior, Gaspard et Balthazar ?
La plus ancienne trace écrite qui cite ces trois noms se trouve dans un manuscrit du VIIIe siècle appelé Excerpta latina barbari. Ce texte latin, compilé à partir de sources grecques, attribue à chaque mage un nom, un âge et un cadeau (Le Jour du Seigneur (portail catholique)).
Que signifie chaque nom ?
- Melchior : souvent interprété comme « roi de la lumière » ou « mon roi est lumière ».
- Gaspard : variante de « Gaspar », peut-être dérivé du perse « Gandharba » ou signifiant « celui qui vient voir ».
- Balthazar : d’origine babylonienne, « Bel-sar-usur » signifiant « Que Bel protège le roi ».
Ces étymologies restent conjecturales (Wikipédia (encyclopédie collaborative)).
Six siècles après Matthieu, la tradition a donc fixé des identités précises qui se sont universalisées.
Quel roi mage apporte quoi ?
La répartition des cadeaux entre les trois mages est devenue un standard : Melchior offre l’or, Gaspard l’encens, Balthazar la myrrhe. Mais au-delà de l’anecdote, chaque présent porte une riche signification théologique.
Quelle est la signification de l’or, de l’encens et de la myrrhe ?
Voici comment chaque cadeau est associé à un mage et sa signification théologique.
| Cadeau | Mage traditionnel | Symbolique chrétienne |
| Or | Melchior | Royauté du Christ (Église catholique de Genève) |
| Encens | Gaspard | Divinité du Christ (Église catholique de Genève) |
| Myrrhe | Balthazar | Humanité et mort rédemptrice (Église catholique de Genève) |
Trois présents, un message : la tradition chrétienne lit dans ces offrandes une profession de foi complète – Jésus est roi, Dieu et homme. Le choix de la myrrhe, un onguent funéraire, annonce déjà le sacrifice à venir.
Cette lecture symbolique transforme un simple récit d’hommage en une déclaration théologique puissante. Pour les chrétiens, les mages ne viennent pas seulement saluer un roi : ils proclament sa triple nature.
Le symbolisme des trois présents reste l’un des piliers de l’interprétation de la Nativité.
Quelle est l’histoire des Rois Mages ?
Le récit de Matthieu se déroule en quatre actes : l’arrivée à Jérusalem, la rencontre avec Hérode, l’adoration à Bethléem, et le retour détourné.
Le voyage des mages
Guidés par une étoile qu’ils interprètent comme le signe de la naissance d’un roi, les mages entreprennent un long voyage depuis l’Orient. Ils arrivent à Jérusalem, capitale du royaume d’Hérode, et demandent naturellement où se trouve le nouveau-né (Le Jour du Seigneur).
La rencontre avec Hérode
Hérode, inquiet pour son trône, les interroge secrètement sur le moment précis où l’étoile est apparue. Il les envoie à Bethléem en leur demandant de revenir pour qu’il « aille, lui aussi, se prosterner ». Mais son intention réelle est d’éliminer ce rival potentiel (Église catholique de Genève).
L’adoration de l’Enfant Jésus
Les mages suivent l’étoile jusqu’à Bethléem, entrent dans la maison (et non l’étable) et trouvent l’enfant avec Marie. Ils se prosternent et lui offrent leurs trésors (Le Jour du Seigneur).
Le retour par un autre chemin
Avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, les mages regagnent leur pays par un itinéraire différent. Cet épisode scelle la séparation entre les mages et le pouvoir politique, et préfigure la fuite en Égypte de la Sainte Famille (Église catholique de Genève).
En résumé : Le récit biblique est une quête semée d’obstacles, où la foi des mages est récompensée, mais où l’omission volontaire du retour fait d’eux les premiers résistants face à la tyrannie.
Cette résistance silencieuse inspire encore aujourd’hui des lectures politiques du texte.
Qui est le quatrième roi mage ?
Une figure fascinante a émergé dans la littérature et les traditions orales : Artaban, le quatrième mage. Cette légende, bien que non biblique, a trouvé un écho durable.
La légende d’Artaban
Selon le récit popularisé par l’écrivain américain Henry van Dyke dans The Other Wise Man (1895), Artaban aurait préparé trois pierres précieuses – un saphir, un rubis et une perle – pour les offrir à l’enfant Jésus. Mais contrairement aux trois autres mages, il s’attarde en chemin pour secourir un malade, puis un esclave, puis une jeune mère. À chaque détour, il échange une pierre contre une vie humaine. Il arrive à Bethléem trop tard, et passe le reste de sa vie à chercher Jésus sans jamais le trouver. Ce n’est qu’à sa mort, des siècles plus tard, qu’une voix céleste lui dit : « Tout ce que tu as fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que tu l’as fait » (Wikipédia (encyclopédie collaborative)).
Où est passé ce quatrième roi mage ?
Artaban n’est jamais mentionné dans la Bible ni dans les textes liturgiques. Son histoire est une fiction pieuse, reprise dans des livres pour enfants, des films et des spectacles de Noël. Elle illustre une vérité morale : la charité vaut tous les trésors. Certains sites chrétiens la présentent comme une « tradition », mais il s’agit d’une légende moderne sans fondement historique (Le Jour du Seigneur (portail catholique)).
Ne cherchez pas Artaban dans la Bible : il n’y figure pas. Sa popularité contemporaine doit être distinguée du message biblique originel sous peine de mélanger révélation et invention littéraire.
La légende d’Artaban montre comment la culture populaire peut enrichir un récit sans en altérer la source.
Chronologie des Rois mages
Une ligne du temps permet de situer les principaux jalons de cette tradition qui mêle histoire, foi et culture.
- Ier siècle : Rédaction de l’Évangile selon Matthieu, unique source biblique sur les mages. (Le Jour du Seigneur)
- VIIIe siècle : Première mention écrite des noms Melchior, Gaspard et Balthazar dans l’Excerpta latina barbari (Le Jour du Seigneur)
- XIIe siècle : Translation des reliques présumées des Rois mages à la cathédrale de Cologne (Wikipédia)
- 1895 : Publication de The Other Wise Man de Henry van Dyke, qui lance la légende du quatrième mage. (Wikipédia)
- 2001 : Sortie du film comique français Les Rois mages avec Didier Bourdon et Bernard Campan (Wikipédia)
- 6 janvier 2025 : Célébration de l’Épiphanie. (Église catholique de Genève)
Ces jalons confirment que la tradition s’est construite progressivement, bien après les faits bibliques.
Ce qui est confirmé et ce qui reste incertain
Faits confirmés
- Les mages sont mentionnés dans l’Évangile selon Matthieu (chapitre 2). (Le Jour du Seigneur)
- Ils offrent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. (Église catholique de Genève)
- Le nombre de trois mages est une tradition, non une donnée biblique. (Le Jour du Seigneur)
- Les noms Melchior, Gaspard, Balthazar sont attestés depuis le VIIIe siècle. (Le Jour du Seigneur)
- L’Épiphanie est célébrée le 6 janvier. (Église catholique de Genève)
Ce qui reste incertain
- Le nombre exact de mages (la Bible ne le précise pas). (Le Jour du Seigneur)
- Leur origine géographique exacte (simple mention « Orient »). (Le Jour du Seigneur)
- L’historicité du quatrième mage Artaban (légende). (Wikipédia)
- La datation précise de la visite de Bethléem. (Le Jour du Seigneur)
Ces incertitudes rappellent que la foi peut s’appuyer sur des récits sans preuve historique exhaustive.
Paroles de la tradition
« Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’Orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l’enfant. »
Évangile selon Matthieu 2:9 (Le Jour du Seigneur)
« Melchior offrit de l’or, Gaspard de l’encens, Balthazar de la myrrhe. »
Bède le Vénérable (VIIIe siècle), Expositio in Matthaei Evangelium (Wikipédia)
« Les mages représentent l’humanité tout entière qui, guidée par la lumière de Dieu, vient adorer le Sauveur. »
Site Le Jour du Seigneur (Le Jour du Seigneur)
Ces trois voix – biblique, patristique et contemporaine – illustrent la continuité de la tradition.
youtube.com, blog.hool.fr, fr.wikipedia.org, forma-concept-store.com
Questions fréquentes
Les Rois mages ont-ils vraiment existé ?
Les historiens ne peuvent ni confirmer ni infirmer leur existence. Matthieu est le seul évangéliste à les mentionner. Aucune source extérieure au Nouveau Testament n’en parle. Leur réalité historique reste indécidable.
Pourquoi les appelle-t-on « rois » alors que la Bible dit « mages » ?
La tradition leur a attribué le titre royal à partir du IIIe siècle, en s’appuyant sur des prophéties de l’Ancien Testament (psaume 72, Isaïe 60). Le terme biblique reste « mages ».
Où se trouvent les reliques des Rois mages ?
Depuis le XIIe siècle, un reliquaire conservé dans la cathédrale de Cologne (Allemagne) est vénéré comme contenant leurs ossements. L’authenticité est contestée.
Quelle est la différence entre les Rois mages et les bergers de la Nativité ?
Les bergers sont mentionnés dans l’Évangile de Luc, les mages dans celui de Matthieu. Les bergers sont des Juifs pauvres ; les mages sont des étrangers riches. Ensemble, ils symbolisent l’universalité du salut.
Comment les Rois mages sont-ils représentés dans l’art ?
Dès l’art paléochrétien, ils sont figurés en costumes perses. Au Moyen Âge, ils deviennent rois couronnés. Leurs âges variés (jeune, adulte, vieux) symbolisent les trois âges de la vie.
Que signifie la galette des rois en lien avec les Rois mages ?
La galette des rois, partagée à l’Épiphanie, rappelle le partage des biens et la fève évoque la faveur divine. Elle est une tradition française typique, liée à la fête des Rois.
Le film « Les Rois mages » (2001) est-il inspiré de la Bible ?
Non. C’est une comédie de Didier Bourdon et Bernard Campan qui détourne l’histoire biblique en imaginant les mages perdus dans la société contemporaine. Aucun fondement biblique ni historique.
Pour les chrétiens, le message est clair : la quête des mages dépasse le simple voyage géographique – elle est une parabole de la recherche de Dieu par tous les peuples. Ce constat invite historiens et croyants à distinguer foi et tradition.
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